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Publié : 15 novembre

Commémorations du centenaire de l’Armistice

Lettres lues par les élèves de l’Immaculée lors de la cérémonie du 11 novembre 2018 à Évreux. Ces lettres avaient été préparées par les élèves des classes de 3ème. A lire en français en allemand ou en anglais !
Le diaporama passe assez vite mais vous pouvez lire les textes plus bas ou en pièces jointes.
D’autres détails dans un prochain article !

NB : Signification des fleurs du souvenir : le bleuet pour la France, le coquelicot pour le Commonwealth (Grande-Bretagne, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, etc), la pâquerette pour la Belgique.


Évreux, le 05 novembre 2018

Salut Anna,

Cela fait bientôt un an qu’on correspond malgré les cent ans qui nous séparent. Nous nous entendons si bien ! J’ai l’impression que nous partageons les mêmes émotions, les mêmes rêves, même si je ne connais rien de tes malheurs !

Aujourd’hui nous mangeons à notre faim, nous pouvons suivre des études, nous pouvons nous nous soigner et guérir. Nous pouvons aller dans des pays à l’autre bout du monde en quelques heures et on a même marché sur la Lune il y a une cinquantaine d’années. Nous pouvons communiquer instantanément avec des amis grâce à des satellites. Mais le plus important c’est que notre pays est en paix.

En parlant de paix, j’allais oublier l’essentiel ! Dans quelques jours, le 11 exactement, ce sera l’arrêt des combats. L’armistice quoi ! Je suis tellement heureuse pour toi. Ton père et ton grand frère vont enfin rentrer ! Finie cette sale guerre qui a fait tant de morts, tant de mutilés, qui a touché tant de familles. Tu en sais quelque chose…

Tu sais, le 11 novembre, je participerai à la commémoration du centenaire de l’armistice. J’ai un peu la trouille. Heureusement, je ne serai pas la seule à parler. Il y a des copines qui vont lire un poème en allemand. Nos deux pays sont amis maintenant, comme tous ceux de l’Europe. Après la Seconde guerre mondiale, on a créé l’Union européenne, pour que la paix s’installe entre nous.

Je ne sais pas si je vais oser parler de mes peurs aussi. Peur de l’avenir de notre planète à cause du réchauffement climatique, peur du terrorisme et des attentats qui arrivent n’importe où, n’importe quand, peur des guerres qui sont toujours présentes dans le monde. Je comprends en grandissant, en étudiant aussi, que la paix, ce n’est pas gagné ! Mais moi, j’ai envie de me battre pour elle. Parce que franchement, la vie c’est précieux.

Dans presque un mois, ce sera Noël. On sera en vacances ! Et je serai gâtée. Toi aussi peut-être ?
J’attends ta lettre avec impatience,
Je te fais de gros bisous.


Évreux, le 11 novembre 1918

Ma chère Chloé,

Je n’en reviens pas ! Au moment où le vaguemestre m’a donné ta lettre, les cloches de la cathédrale se sont mises à sonner à toute volée. C’est l’armistice ! Et toi, dans ta lettre, tu m’annonces qu’aujourd’hui c’est la fin de la guerre ! Comment as-tu fait pour le deviner ? Mais je suis idiote ! Tu vis en 2018…

Je suis si heureuse. Papa va revenir et Edmond aussi j’espère ! On n’a plus de nouvelles de lui depuis un mois. Pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé.

J’espère bien que tu vas parler de moi dans ton discours. Dis-leur que nous les jeunes de 14-18, on nous a tout volé : nos pères, nos frères, notre joie, nos rêves d’école, nos rires. Dis-leur qu’on a crevé la faim, qu’on a eu froid, qu’on a travaillé comme des bêtes, qu’on a vécu dans la tristesse et la peur, qu’on nous a manipulés, qu’on nous a fait croire que cette guerre ne durerait que quelques semaines. Dis-leur qu’on nous a mentis. Mais dis-leur aussi qu’on a accepté tout ça, pour notre pays, pour l’amour des nôtres.

C’est incroyable ce que tu me dis : vous apprenez la langue de nos pires ennemis ? Et la France et l’Allemagne se sont réconciliées ? Tu me parles aussi de « seconde guerre mondiale ». Que veux-tu dire ? Je crains que tu ne veuilles me dire que cette guerre qu’on vient de gagner n’aurait pas été la dernière ? Tu veux me mettre le moral en berne ? En ce jour de joie ? J’espère que tu plaisantes…

Marcher sur la Lune, voyager en quelques heures vers les pays les plus lointains ! Tu débordes d’imagination ! Vraiment !

Tes peurs… me font peur ! Réchauffement climatique ? Si tu veux parler de températures chaudes, rassure-toi ; l’hiver 1917 a été l’un des plus froids et quant au terrorisme, si tu veux dire par là la Terreur, elle est finie depuis un peu plus de deux siècles.

Mais s’il y a une chose vraie, dans ce que tu dis, c’est que la paix est ce qu’il y a de plus précieux et qu’il faudrait que l’humanité change.

Mon Noël à moi ce sera le retour de Papa et d’Edmond. Et puis des gâteaux peut-être !

Je t’embrasse très fort ! À bientôt !


Es war ein schöner Tag
Der Himmel war blau
Ein schöner Himmel, keine Wolke
Aber wir waren auf einem Schlachtfeld.

Wir hörten den ersten Knall
Die Tiere flohen
Kaninchen, Ratten und Mäuse,
Das Gas und die Granate gegenüber.

Am Ende der harten Schlacht
Es gab keine Mäuse, Tiere und Gebäude mehr
Man hörte kaum Geräusche
Die Soldaten waren niedergeschlagen.

Die Leichen liegen überall auf dem Boden
Der Tod ist hinterlistig
Es trifft viele Personen
Und er lässt nichts übrig.


Mother Tongue

What differenciates us
Apart from mother tongue ?
On the dead, only the uniforms can tell
To who belong these boys
Nothing more than children whose guns aren’t toys

Youth is ripped away
Caught in the wire we run through
Don’t look down to the dead

‘Cause he might be your brother
He too needs his mother
Everyone equal when they’re dead.

Portfolio automatique :

Documents joints

Post-scriptum

Photos :
Poppy : Philip Stevens, Domaine public, Wikimedia Commons
Bleuets : David Wright, licence CC BY 2.0, Wikimedia Commons
Pâquettes m.dolores paderne sa, licence CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons